Entente Canada-Ontario sur le marché du travail
Entente générale de modification Canada-Ontario
Plan annuel de 2010-2011
Préambule
Le présent document répond aux exigences relatives à la planification pour 2010-2011 associées à l'Entente Canada-Ontario sur le marché du travail (l'EMT) ainsi qu'à l'Entente générale de modification Canada-Ontario, qui modifie l'EMT.
1.0 Aperçu
Les investissements faits par l'Ontario afin d'encourager la création d'une main-d'œuvre bien éduquée et très spécialisée fournissent le contexte des dépenses effectuées dans le cadre de ces ententes Canada-Ontario sur le marché du travail.
Depuis 2003, l'Ontario reconnaît l'importance vitale de la formation professionnelle pour la restructuration économique dans un contexte de concurrence mondiale; la province a renforcé ses investissements dans l'éducation postsecondaire (grâce à Vers des résultats supérieurs, une importante stratégie de 6,2 milliards de dollars), ainsi que dans des programmes d'emploi et de formation (dans le cadre du Plan d'action pour la connexion compétences-emplois) pour aider les Ontariens, y compris les nouveaux arrivants dans la province, à acquérir des compétences, à obtenir des titres de compétence et à se trouver un emploi dans l'économie du savoir.
Dans le domaine du marché du travail spécifiquement, le programme Emploi Ontario vient en aide à plus d'un million d'Ontariens par an, y compris aux travailleurs mis à pied, aux employeurs, aux employés, aux apprentis et aux jeunes, qui bénéficient d'une formation et d'un soutien à l'emploi subventionnés par l'État. Les Ontariens reçoivent de l'aide pour trouver un emploi et bénéficient d'un accès à la formation professionnelle par l'entremise du ministère de la Formation et des Collèges et Universités, des services supplémentaires liés à l'emploi et à la formation pour les clients ciblés étant administrés par plusieurs ministères, y compris le ministère des Affaires civiques et de l'Immigration, le ministère des Services sociaux et communautaires et le ministère de la Santé et des Soins de longue durée.
En plus de servir ses clients, la principale concentration de l'Ontario relativement au marché du travail, avant la récession, consistait en l'intégration des programmes fédéraux transférés (dans le cadre de l'Entente Canada-Ontario sur le développement du marché du travail) à ceux conçus par la province, ainsi qu'en le lancement d'une transformation des programmes et de services relatifs à l'emploi et aux compétences dans le cadre de la marque Emploi Ontario, dans le but de créer un seul système intégré qui aide les individus à obtenir les services dont ils ont besoin, de façon rapide et efficace.
En réaction au repli économique récent et aux changements structurels récents dans l'économie ontarienne, le gouvernement de l'Ontario s'est engagé à faire passer les dépenses effectuées par Emploi Ontario sur les emplois et la formation professionnelle à environ 1,6 milliard de dollars en 2009-2010 et en 2010-2011, avec une orientation particulière sur les travailleurs touchés par la récession économique et sur l'économie du savoir.
En 2008, l'Ontario a lancé à l'intention des travailleurs mis à pied une stratégie Deuxième carrière afin de les aider à effectuer un recyclage professionnel pour trouver un emploi dans des domaines en croissance de l'économie. Le budget 2010 a annoncé le maintien des investissements dans ce programme, avec des plans de financement de la formation pour 30 000 travailleurs en chômage supplémentaires sur deux ans – ce qui fera passer le nombre total de participants à près de 60 000 depuis le début du programme.
À compter de 2010-2011, le gouvernement effectue également un nouvel investissement de 45 millions de dollars sur trois ans dans un nouveau programme de formation professionnelle axé sur les projets destinés aux Autochtones et aux résidents du Nord de l'Ontario afin de les aider à profiter de nouvelles occasions économiques dans le Nord de l'Ontario.
Ententes Canada-Ontario sur le marché du travail
Dans le cadre de l'EMT, l'Ontario reçoit environ 194 millions de dollars par an sur une période de six ans (de 2008-2009 à 2013-2014) afin d'augmenter la participation sur le marché du travail de groupes sous-représentés, tels que les immigrants et les jeunes, en fournissant des programmes de formation professionnelle et d'emploi aux personnes en chômage qui n'ont pas droit à l'AE et aux travailleurs qui sont peu spécialisés, et en particulier les travailleurs sans diplôme d'études secondaires ou sans certification reconnue, ou qui ont un faible niveau d'alphabétisation et de compétences essentielles.
Pour 2009-2010 et 2010-2011, le gouvernement fédéral a annoncé une augmentation de son intervention à titre de l'EMT dans le cadre des dépenses de relance fédérales annoncées dans le Plan d'action économique du Canada. La part revenant à l'Ontario a été confirmée dans l'Entente générale de modification Canada-Ontario (signée en 2009), que l'on appelle Fonds de transition et de formation stratégique (FTFS).
Le FTFS fournit un soutien supplémentaire d'environ 207 millions de dollars sur deux ans (103 millions de dollars en 2009-2010 et 104 millions de dollars en 2010-2011), qui doit soutenir les besoins particuliers des individus touchés par la récession, quel que soit leur statut relatif à l'assurance emploi.
L'Ontario reconnaît le rôle de partenaire clé du gouvernement fédéral lorsqu'il s'agit d'appuyer les investissements provinciaux dans le domaine des compétences et de la formation, notamment par l'attribution de fonds de relance temporaires. Toutefois, l'Ontario continuera de faire pression sur le gouvernement fédéral afin que celui-ci maintienne le niveau actuel de financement fédéral pour les compétences et la formation comme un outil permettant d'augmenter la croissance et la prospérité économiques de l'Ontario, et celles du Canada par le fait même.
2.0 Analyse environnementale
Indicateurs économiques et défis relatifs au marché du travail
L'économie de l'Ontario a connu une baisse abrupte pendant la deuxième moitié de 2008 et la première moitié de 2009; d'ailleurs, les familles et les entreprises ontariennes ressentent encore les contrecoups de cette crise économique et financière mondiale. En 2009, le PIB net de l'Ontario a diminué de 3 pour cent, après une baisse de 0,6 pour cent en 2008. Bien que l'Ontario constitue environ 40 pour cent du PIB du Canada, la province représentait presque 50 pour cent de la baisse de la production au Canada. Cela reflète partiellement la taille relative du secteur de l'automobile en Ontario, qui représentait 2,6 pour cent du PIB de l'Ontario en 2009, par rapport à 0,2 pour cent dans le reste du Canada. Tous les principaux indicateurs économiques de l'Ontario présentent une amélioration par rapport aux creux affichés pendant la récession; des signes clairs indiquent qu'une reprise est en cours.
Les prévisions économiques sont fortement influencées par la situation économique et financière mondiale, en particulier par la demande américaine, les prix du pétrole, le taux de change du dollar canadien et les taux d'intérêt. De nombreux économistes ont exprimé leur préoccupation selon la faiblesse de l'économie américaine, ainsi que la solidité continue du dollar canadien, pourraient freiner la croissance économique. Les prévisionnistes du secteur privé prévoient maintenant une croissance réelle moyenne du PIB de l'Ontario s'établissant à 3,6 pour cent en 2010, 2,5 pour cent en 2011, 2,6 pour cent en 2012 et 2,8 pour cent en 2013.
Les activités axées sur l'exportation du secteur manufacturier de l'Ontario ont connu une baisse abrupte pendant la récession. Bien que la production de ce secteur augmente, les ventes du secteur de manufacturier jusqu'en août 2010 restaient inférieures de 15 pour cent à leur niveau d'avant la récession (juillet 2008).
Indicateurs liés à l'emploi et à la main-d'œuvre
En dépit de la remontée du nombre total d'emplois depuis mai 2009, l'emploi en Ontario était toujours inférieur de 147 700 à ses niveaux d'avant la récession en mars 2010. Calculé selon les exercices fiscaux, l'emploi en Ontario en 2009-2010 était inférieur de 124 800 (1,9 pour cent) par rapport à 2008-2009. Le rythme des pertes d'emploi en Ontario sur cette période était plus de deux fois et demi ce qu'a vécu le reste du Canada.
Le marché du travail de l'Ontario a continué sa reprise depuis la fin de l'exercice. En septembre 2010, l'emploi en Ontario était inférieur de 0,9 pour cent, soit 60 800 emplois, à son sommet de septembre 2008, avant la récession. L'emploi en Ontario a augmenté de 188 900 emplois nets (une hausse de 2,9 pour cent) depuis mai 2009, reprenant ainsi environ 76 pour cent des emplois perdus entre septembre 2008 et mai 2009.
Par rapport au niveau enregistré au cours de l'exercice 2008-2009, le taux de chômage en Ontario en 2009-2010 était considérablement plus élevé, avec une hausse de 28,4 pour cent (144 900 individus). Cette augmentation était légèrement supérieure à la hausse observée dans le reste du Canada pendant cette période (25,7 pour cent). Plus récemment, le taux de chômage s'est stabilisé : en mars 2010, le nombre de sans-emploi se situait à 636 700, par rapport à 636 100 en mars 2009 (données désaisonnalisées). Le nombre de bénéficiaires réguliers de l'assurance emploi a augmenté brusquement en Ontario depuis 2008 et 2009, passant de 142 598 à 246 597, soit une hausse de 72,9 pour cent. Cette augmentation était beaucoup plus abrupte que celle observée dans le reste du Canada, où le nombre de bénéficiaires réguliers a augmenté de 41,7 pour cent entre 2008 à 2009. En dépit de cette augmentation, la proportion des Ontariens sans emploi qui bénéficiaient de l'assurance emploi, soit 38 pour cent en 2009, était quand même considérablement inférieure à la proportion dans le reste du Canada (55,6 pour cent).
Le taux de chômage en Ontario a suivi un parcours semblable, augmentant considérablement entre l'exercice 2008-2009 et l'exercice 2009-2010 (passant de 7,1 pour cent à 9,1 pour cent), alors que les données récentes semblent indiquer que la détérioration du marché du travail a pris fin. Les données mensuelles désaisonnalisées indiquent que le taux de chômage est resté plutôt stable au cours de la dernière année (passant de 8,9 pour cent en mars 2009 à 8,8 pour cent en mars 2010). Cependant, dans un renversement des tendances à long terme, le taux de chômage a constamment dépassé la moyenne nationale depuis janvier 2007 : en mars 2010, il s'établissait à 8,8 pour cent, soit le troisième plus élevé au Canada, après Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard.
Le chômage de longue durée (27 semaines ou plus) en Ontario a augmenté assez considérablement au cours de la dernière année, passant de 13,6 pour cent du chômage global pendant l'exercice 2008-2009 à 21,2 pour cent en 2009-2010. En 2009-2010, 139 300 individus en moyenne étaient en situation de chômage de longue durée, par rapport à 69 300 l'année précédente. La proportion des sans-emploi de longue durée en Ontario était relativement élevée : en 2009-2010, la moitié environ (50,1 pour cent) des sans-emploi de longue durée résidaient en Ontario. Le nombre de mises à pied permanentes a également augmenté pendant la dernière année; pendant l'exercice 2009-2010, environ 286 700 Ontariens sans emploi ont déclaré que leur emploi précédent avait pris fin en raison d'une mise à pied permanente, ce qui représente une hausse considérable par rapport à 204 300 l'année précédente.
3.0 Priorités relatives aux programmes
Nos priorités en matière d'emploi et de formation professionnelle sont fondées sur les hypothèses suivantes relatives aux conditions changeantes sur le marché du travail en Ontario :
- Le chômage est élevé et pourrait continuer à représenter un défi au cours des prochaines années alors que des changements structurels importants se produisent au sein de l'économie ontarienne
- En raison du vieillissement de la population et de l'augmentation du nombre de départs de la population active (c.-à-d., les retraités de la cohorte du baby-boom), la croissance de la population active dépendra de plus en plus de l'immigration
- Le fait que les immigrants possédant des qualifications internationales font face à des délais et des obstacles à la reconnaissance rapide de leurs titres de compétence
- La croissance du nombre de jeunes autochtones (Premières Nations, Métis, Inuits) qui sont en âge de travailler
- Le taux de participation sur le marché du travail inférieur à la moyenne de certains groupes spécifiques (p. ex., immigrants, autochtones, personnes handicapées, jeunes et travailleurs plus âgés)
- La demande croissante sur le marché du travail pour des secteurs spécialisés au fur et à mesure du rajustement de l'économie (p. ex., finances, technologies propres), la demande pour les emplois peu spécialisés restant stable ou décroissante – L'Ontario s'est engagé à atteindre un taux d'études postsecondaires de 70 pour cent
- Une pénurie potentielle de compétences dans de nouveaux secteurs de l'économie (p. ex., technologie de la santé, énergie verte)
Dans ce contexte, l'Ontario a effectué des investissements pour protéger et conserver des emplois, ce qui comprend le fait de se positionner pour la prochaine génération des emplois et de la croissance. La gamme des investissements est orientée sur les initiatives qui soutiennent la formation professionnelle (p. ex., initiatives visant à accroître le nombre d'apprentis), ainsi que sur les initiatives qui aident les travailleurs au chômage à accéder à la formation professionnelle à plus long terme dont ils ont besoin pour passer des secteurs où le nombre d'emplois disponibles diminue à des métiers émergents et en demande (p. ex., le programme Deuxième carrière).
L'Ontario a également accru les investissements effectués dans l'alphabétisation et les compétences fondamentales afin de préparer la main-d'œuvre actuelle et future de la province à travailler au sein de la nouvelle économie, qui est davantage axée sur les compétences. Les nouveaux investissements effectués par l'Ontario comprennent une aide améliorée à l'intention des adultes qui ont un faible taux d'alphabétisation, ainsi qu'un projet pilote sur l'alphabétisation liée au travail afin d'aider les travailleurs, y compris les immigrants, à travailler de façon productive et en toute sécurité.
L'Ontario a offert aux jeunes plus de possibilités grâce à ses programmes Emploi d'été, qui comprennent des ressources ciblées dans les quartiers ayant les plus grands besoins. En 2010, on s'attend à ce que le programme Emplois d'été Ontario ait soutenu plus de 110 000 emplois et services pour les étudiantes et étudiants.
Maintenant que la récession a pris fin et en regardant vers la reprise en cours, l'Ontario continue de construire les bases d'une création d'emplois et d'une croissance économique futures durables. En 2010-2011, en plus des investissements provinciaux à grande échelle relatifs à l'emploi et à la formation professionnelle, l'Ontario affectera l'augmentation reçue à titre des dépenses de relance dans le cadre de l'EMT (c.-à-d. le FTFS) en totalité à Deuxième carrière. Au même moment, la province utilisera les fonds de l'EMT aux fins suivantes :
- aider les travailleurs mis à pied à se recycler pour obtenir de bons emplois en demande;
- fournir des services d'emploi améliorés tels que la recherche d'emploi, le jumelage emploi-travailleur, le soutien à la conservation d'emplois, des informations et des recommandations, ainsi que la planification et la coordination des services destinés aux clients;
- améliorer l'accès et accroître les possibilités pour les nouveaux arrivants formés à l'étranger d'acquérir rapidement les qualifications et les titres de compétence nécessaires pour travailler en Ontario;
- accroître les possibilités pour les personnes peu spécialisées ou les personnes qui n'ont pas les qualifications nécessaires pour quitter des emplois peu spécialisés;
- améliorer le niveau d'alphabétisation des adultes qui souhaitent se perfectionner ou trouver un emploi et favoriser une participation accrue des employeurs aux activités d'alphabétisation liée au marché du travail;
- augmenter l'accès à la formation dans les métiers spécialisés en améliorant davantage les programmes d'apprentissage et en fournissant des incitatifs afin d'accroître le nombre de personnes qui reçoivent une formation afin d'acquérir des compétences en demande, grâce à des mécanismes comme des primes et des crédits d'impôt;
- aider les jeunes à se payer une éducation et une formation plus poussées en appuyant des possibilités d'emplois d'été et de travail indépendant.
4.0 Clients admissibles
En vertu de la partie 1 de l'EMT, les programmes ontariens cibleront les clients suivants :
- des personnes sans emploi qui ne sont pas des clients de l'assurance-emploi, notamment :
(i) les clients de l'aide sociale;
(ii) les immigrants;
(iii) les personnes handicapées;
(iv) les travailleurs âgés;
(v) les jeunes;
(vi) les Autochtones;
(vii) les personnes qui intègrent ou réintègrent le marché du travail;
(viii) les personnes sans emploi qui étaient travailleurs indépendants;
et,
- des travailleurs qui sont peu spécialisés, et en particulier les travailleurs sans diplôme d'études secondaires ou sans certification reconnue, ou qui ont un faible niveau d'alphabétisation et de compétences essentielles.
Conformément à l'Entente générale de modification, l'augmentation du financement au titre de l'EMT aidera l'Ontario à répondre aux besoins des personnes touchées par le ralentissement économique et, en particulier, des personnes qui souhaitent se recycler ou perfectionner leurs compétences afin d'obtenir ou de conserver un emploi.
Les programmes énumérés dans le plan d'activités de 2010-2011 ci-joint serviront les personnes qui sont sans emploi et peu spécialisées, y compris celles qui font face à de multiples obstacles pour intégrer la main-d'œuvre, même lorsque l'économie est prospère, comme les immigrants, les jeunes, les Autochtones et les personnes handicapées. À compter de 2010, le groupe cible des « travailleurs âgés », qui continuera d'être admissible aux programmes financés en vertu de l'EMT, sera aussi pris en charge par l'entremise d'une entente fédérale-provinciale temporaire à coûts partagés appelée « Initiative ciblée pour les travailleurs âgés ».
Les paragraphes qui suivent donnent un aperçu des statistiques sur les principaux groupes sous-représentés sur le marché du travail de l'Ontario.
Immigrants
L'Ontario reçoit une forte proportion de personnes qui immigrent au Canada. En 2008, l'Ontario a reçu environ 45 pour cent des personnes qui ont immigré au Canada de façon permanente, chiffre qui a fréquemment été plus élevé au cours d'autres années. Les immigrants récents ont fait piètre figure sur le marché du travail. Par exemple, selon les données de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, les immigrants qui sont arrivés en Ontario « très récemment » (c.-à-d., moins de cinq ans se sont écoulés entre leur date d'arrivée et la date de leur d'entrevue dans le cadre de l'EPA) ont connu un taux de chômage de 15,7 pour cent en 2009, soit près du double du taux des Ontariens qui sont nés au Canada (8,4 pour cent). Le taux de chômage de 15,7 pour cent observé en 2009 était également élevé par rapport aux immigrants « très récents » dans le reste du Canada (14,4 pour cent) et par rapport aux immigrants qui résident en Ontario depuis plus longtemps (en 2009, le taux de chômage des immigrants qui se sont établis en Ontario il y a plus de cinq ans était de 10 pour cent).
Une question importante à laquelle les immigrants sont confrontés est la sous-utilisation de leurs compétences et leurs diplômes. Les données du Recensement de 2006 indiquent que 30 pour cent des immigrants diplômés universitaires qui se sont établis en Ontario entre 2001 et 2006, et 41 pour cent des immigrantes diplômées universitaires, occupaient des emplois qui exigeaient tout au plus une éducation secondaire. (Pour les hommes nés au Canada et résidant en Ontario, 11 pour cent des diplômés universitaires occupaient des emplois qui exigeaient une éducation secondaire en 2006, tandis que pour les femmes, cette proportion était de 13 pour cent).
Jeunes
Reflétant les tendances économiques générales en Ontario, les jeunes (personnes âgées de 15 à 24 ans) ont fait face à des conditions difficiles sur le marché du travail. Bien qu'il n'ait pas été aussi important que la détérioration s'étant produite pendant l'exercice 2008-2009, le taux de chômage des jeunes de l'Ontario a augmenté légèrement en 2009-2010, passant de 17,2 pour cent en mars 2009 à 17,7 pour cent en mars 2010. L'augmentation était encore plus marquée sur douze mois, passant de 14,5 pour cent en 2008-2009 à 17,9 pour cent en 2009-2010. En 2009-2010, le taux de chômage des jeunes de l'Ontario était supérieur à celui du reste du Canada de 3,9 pour cent (le taux de chômage dans le reste du Canada était de 14,0 pour cent). En 2009-2010, on comptait en moyenne 194 800 jeunes chômeurs en Ontario, ce qui représentait 44,1 pour cent du total national, bien au-delà de la proportion de la population des jeunes du Canada (39,7 pour cent) résidant en Ontario.
Autochtones
Selon les données du recensement, la population autochtone de l'Ontario est un segment de la population totale de l'Ontario qui connaît une croissance rapide, augmentant de 68 pour cent entre 1996 et 2006. En 2006, la population autochtone de l'Ontario comptait 242 495 personnes, soit un peu plus de 20 pour cent de la population autochtone du Canada. En Ontario, la population autochtone en âge de travailler (15 ans et plus) est relativement jeune, puisque les jeunes (personnes âgées de 15 à 24 ans) représentent 23,5 pour cent du total. En comparaison, les jeunes représentent seulement 16,3 pour cent de la population non autochtone de l'Ontario en âge de travailler.
Les données de l'Enquête sur la population active de 2009 indiquent que les Autochtones vivant hors réserve en Ontario ont moins bien réussi que le reste de la population. Par exemple, pendant que le taux de chômage global en Ontario était de 9 pour cent en 2008, le taux de chômage chez les Autochtones était considérablement plus élevé, se situant à 13,2 pour cent. Par ailleurs, le taux de participation des Autochtones à la population active était inférieur à celui des non-Autochtones (64,7 pour cent comparativement à 67,4 pour cent). En 2008, les travailleurs autochtones de l'Ontario gagnaient un salaire horaire moyen de 20,20 $, tandis que les travailleurs non autochtones gagnaient 22,18 $ l'heure.
Personnes handicapées
Les handicaps ont des répercussions considérables sur l'emploi, l'éducation et les revenus. La situation de l'emploi des personnes handicapées est inférieure à celle des personnes non handicapées. Les données les plus récentes qui sont disponibles montrent que, en 2007, la proportion des personnes handicapées de l'Ontario âgées de 16 à 64 ans, qui étaient soit en chômage ou hors de la population active, était de 34,2 pour cent, ce qui est presque trois fois supérieur à la proportion observée chez les personnes non handicapées (12 pour cent).
Le niveau d'instruction des personnes handicapées est moins élevé que celui des personnes non handicapées. En 2007, 18,9 pour cent des personnes handicapées ne détenaient pas un diplôme d'études secondaires; chez les personnes non handicapées, ce chiffre s'établit à 12,6 pour cent.
Comme dans le reste du Canada, un nombre disproportionnellement élevé de personnes handicapées en Ontario ne touchent aucun salaire. En 2007, 63 pour cent des personnes de 16 à 64 ans handicapées touchaient un salaire, comparativement à 88 pour cent des personnes non handicapées.
Chez les personnes qui travaillent, le salaire moyen des personnes handicapées est inférieur au salaire touché par le reste de la population. En 2007, le salaire moyen touché par les personnes handicapées en Ontario s'établissait à 35 100 $, alors que celui des personnes non handicapées était de 42 200 $.
5.0 Participation des intervenants
Les immigrants, les jeunes, les Autochtones et les personnes handicapées, ainsi que les bénéficiaires de l'aide sociale, font partie des groupes sous-représentés et sous-utilisés au sein du marché du travail de l'Ontario. Pour servir ces groupes cibles, l'Ontario travaille en collaboration avec des partenaires clés, y compris le gouvernement fédéral, le réseau de tiers fournisseurs de services de la province, les employeurs, les syndicats, les organismes communautaires et les représentants des personnes qui font face à des obstacles particuliers.
Étant donné la date du budget provincial 2010, l'Ontario a tenu des discussions préliminaires de haut niveau avec ses principaux partenaires de prestation de services par l'entremise de son Groupe consultatif de la prestation des services (GCPS), avant le dépôt du budget.
Après la publication du budget (25 mars 2010), le gouvernement de l'Ontario a continué à avoir des discussions avec le GCPS, des organismes d'alphabétisation, des groupes d'employeurs et des organismes francophones.
6.0 Entente Canada-Ontario sur le marché du travail – Plan d'activités de 2010-2011
En 2010-2011, le gouvernement de l'Ontario s'est engagé à consacrer environ 1,6 milliard de dollars à l'emploi et la formation professionnelle par l'entremise d'Emploi Ontario; à ce montant viennent s'ajouter les dépenses de plusieurs autres ministères relativement à l'emploi et à la formation de clients ciblés. De l'investissement total, 193,7 millions de dollars proviennent de l'affectation fédérale dans le cadre de l'EMT, et 103,9 millions de dollars proviennent de l'augmentation de la subvention fédérale dans le cadre de l'EMT au titre de l'allocation relative au Fonds de transition et de formation stratégique (FTFS). Ce plan d'activités présente les dépenses supplémentaires estimatives de l'Ontario dans le cadre du financement fédéral obtenu au titre de l'EMT et du FTFS pour chacune des priorités pluriannuelles de l'Ontario : intégration des immigrants au marché du travail; formation relative aux habiletés de base et mesures de soutien connexes et mesures de soutien pour les personnes handicapées sur le marché du travail; et formation relative aux compétences techniques.
Entente Canada-Ontario sur le marché du travail : Plan d'activités de 2010-2011